• L’histoire •

Trieste a une situation géographique qui l’a obligée à jouer un rôle de premier plan dans l’histoire: un débouché pour les Balkans au temps des Romains, un accès à la Méditerranée et depuis toujours une ville frontière et un carrefour pour le commerce et la culture, confirmée par le fait que la ville a reçu le nom de Tergeste (littéralement ville de marché).

Trieste fut d’abord une colonie romaine, ensuite un port commercial florissant et un débouché maritime pour l’Empire austro-hongrois; puis une terre martyre revendiquée par la Yougoslavie et l’Allemagne nazie; enfin, une ville italienne depuis 1918, remise en cause à la fin de la seconde guerre mondiale, mais définitivement italienne depuis seulement 60 ans. L’histoire de Trieste est marquée par la domination et des hauts et des bas, depuis les splendeurs de la période habsbourgeoise jusqu’à la noirceur des occupations allemande et slave après la seconde guerre mondiale, depuis le bouillonnement commercial et culturel des 18ième et 19ième siècles jusqu’aux horreurs des persécutions racistes, San Sabba et les ”foibe” (voir plus loin).
 

Principales dates historiques

Trieste fut fondée comme colonie romaine en 49 av. J.-C. après avoir vaincu une tribu locale, les Histri.

Par la suite, Trieste est devenue chrétienne, fut une colonie byzantine, fut occupée par les Goths et les Lombards, fut dominée par les Francs, gouvernée par les évêques, forcée d’accepter une alliance avec sa rivale Venise et finalement passée dans les mains des Habsbourg en 1382, qui y ont développé le commerce. Après trois occupations françaises, Trieste a été rendue à l’Autriche en 1814, lorsqu’elle a connu une seconde période de prospérité quand on y a fondé des compagnies d’assurance, la Lloyd’s, des banques et des entreprises commerciales et que la ligne de chemin fer Trieste-Vienne fut construite. En 1896, seulement 6 mois après son invention, la première salle de cinéma était inaugurée à Trieste.

Le renaissance de Trieste au milieu du 19ième siècle fut aussi culturelle et politique: des idées nouvelles de liberté et d’unité nationale se sont répandues et le mouvement irrédentiste a pris forme, dont le principal exposant fut Guglielmo Oberdan, condamné à mort en 1882 pour avoir tenté d’assassiner l’Empereur d’Autriche François-Joseph au cours de sa visite à Trieste. Le patriotisme italien était si vivace que, lorsque la première guerre mondiale éclata en 1914, de nombreux irrédentistes se sont engagés comme volontaires aux côtés des soldats italiens.
 

Le 20ième siècle

A la fin de la première guerre mondiale en 1918, le navire italien Audace a mouillé dans le port de Trieste et la ville est devenue italienne pour la première fois de son histoire. Mais la disparition de l’Empire austro-hongrois fut un coup dur pour l’économie locale. Les lois raciales ont d’abord frappé les Slovènes vivant dans le Carso et en Istrie et ensuite les Juifs. A la fin de la seconde guerre mondiale, Trieste fut occupée par les troupes allemandes et annexée au Reich. Dans le même temps, la Yougoslavie revendiquait ce territoire et en 1945 la ville fut envahie par les troupes de Tito durant 40 jours. Au cours de cette période, le camp de concentration de Risiera di San Sabba tournait à plein régime et les exécutions sommaires et les massacres collectifs (les”foibe”) furent perpétrés. Trieste fut finalement délivrée par les Américains et le Traité de Paris de 1947 a divisé le territoire en deux zones: la zone A de Duino à Trieste, gérée par les Anglo-Américains, et la zone B, au sud de la ville, gérée par la Yougoslavie. La perte de grandes terres en Istrie a déclenché un exode de l’Istrie vers Trieste. Le Mémorandum de Londres de 1954 a rendu Trieste à l’Italie et le Traité d’Osimo de 1975 a consacré définitivement les nouvelles frontières, confirmant ainsi officiellement l’appartenance de Trieste à l’Italie.

L’adhésion à l’U.E. d’abord de l’Autriche et ensuite de la Slovénie et de la Croatie a rendu à Trieste un rôle central dans la région, plein de perspectives pour un développement harmonieux de cette zone européenne très tourmentée, qui peut se réaliser seulement dans un contexte de véritable Union européenne.

La ville accueille d’ailleurs l’Initiative centre-européenne (CEI). Créée en 1989, elle se présente comme la première organisation européenne subrégionale. Elle a reçu l’appui direct de l’Union européenne (dont elle est indépendante). Construite sous la structure d’un forum intergouvernemental, elle vise la coopération économique, politique, sociale et culturelle, en combinant la diplomatie multilatérale et la gestion de projets, aussi bien en tant que donateur que bénéficiare. Elle a pour premier but d’aider la transition des pays de l’Europe centrale vers l’Union européenne et leur integration.
 

Cité des Sciences

Trieste est aussi connue pour être une ”cité des sciences” et accueille sur son territoire le synchrotron ELETTRA (centre de recherche international multidisciplinaire spécialisé dans le synchrotron et les rayonnements provenant de lasers à électrons libres et ses applications).
 

La gastronomie

La gastronomie triestinne compte des plats particuliers comme la jota (soupe de choucroute, pommes de terre et haricots), les ”sardoni del golfo” (espèce d’anchois marinés ou panés ou frits), la ”porcina” (viande de porc) ou encore le ”presnitz”, gâteau à base d’amandes et de pépins.